Partir dans un pays chaud pour la retraite, acheter une maison au bord de mer... c'est le rêve de beaucoup. La Britannique Anne Trust a réalisé son rêve sur la côte méditerranéenne espagnole, à Mataró, près de Barcelone. Mais aujourd'hui, elle en a assez et décide de déménager. La raison? Les touristes.
«J'en ai assez de vivre près de la mer», a confié la senior de 75 ans au journal «I Paper». Si la mer est magnifique, elle ajoute qu'au printemps et en été, Mataró est envahie par des excursionnistes bruyants et des touristes barcelonais qui font la tournée des bars.
Des prix élevés, peu de logements
Elle vit en Espagne depuis plus de dix ans, mais beaucoup de choses ont changé depuis. Les prix notamment. Si sa vie quotidienne est devenue plus chère, le prix de sa maison a, lui aussi, doublé. Et Anne Trust prévoit d'en profiter. Elle utilisera l'argent de la vente de sa maison pour s'installer en Estrémadure, une région qu'elle qualifie de «reculée et préservée».
La population espagnole souffre de plus en plus du tourisme de masse. Certes, celui-ci stimule l'économie, mais les Espagnols doivent faire face à des problèmes contraignants tels que la hausse du coût de la vie et la pénurie de logements. Les natifs expriment donc leur frustration dans la rue. Les manifestations se multiplient dans des villes comme Barcelone, Majorque ou encore les îles Canaries.
Nouvelles protestations
Les dernières manifestations ont eu lieu le week-end dernier dans la péninsule ibérique. Toute l'Europe du Sud a appelé à une journée internationale de protestation le dimanche 15 juin: environ 600 personnes sont descendues dans les rues à Barcelone et environ 8'000 à Majorque. Les touristes ont été aspergés d'eau. Des banderoles arboraient des slogans tels que «Touristes, rentrez chez vous» et «Vos vacances, mon malheur».
Jusqu'à présent, les débordements n'ont pas eu beaucoup de succès. L'initiative faîtière «Menys turisme, més vida» («Moins de tourisme, plus de vie») exige des mesures telles que la limitation du nombre de visiteurs, un moratoire sur les croisières et l'interdiction des locations touristiques. Mais cela ne semble servir à rien. Le nombre de visiteurs continue de croître: comme le rapporte le «Spiegel», les îles Baléares de Majorque et d'Ibiza s'attendent à franchir la barre des 20 millions de visiteurs cette année.