Deux figures du camp macroniste ont lancé lundi un «appel solennel» pour bâtir dès à présent «une coalition» réunissant le bloc central, la gauche et la droite, pour empêcher l'extrême droite d'arriver au pouvoir lors de la présidentielle de 2027 en France.
Cet appel intervient juste après la victoire historique en Allemagne du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) aux élections régionales en Saxe-Anhalt (est).
Clément Beaune, Haut commissaire au Plan, et Philippe Grangeon, ancien conseiller spécial d'Emmanuel Macron, affirment que la victoire de Marine Le Pen, candidate pour la quatrième fois à la présidentielle et donnée par les sondages comme favorite au premier tour prévu le 18 avril, n'est pas une «fatalité», dans une tribune publiée dans la revue politique La Grande Conversation.
Pour ces deux piliers de la campagne d'Emmanuel Macron en 2017, «l'idée clé tient en une phrase: nul ne gagnera ni ne gouvernera seul en 2027».
Une coalition
«Il faut donc, pour la première fois sous la Ve République, essayer de bâtir une coalition avant l'élection présidentielle, plutôt que de l'improviser, à chaud, au soir d'un second tour, puis nécessairement en vue des élections législatives», insistent-ils.
L'«appel» est «adressé d'abord aux acteurs du camp central, ensuite à la gauche étanche à La France Insoumise et à la droite hermétique au Rassemblement national, enfin à tous les citoyens qui refusent la résignation», plaident-ils.
En France, la multiplication des candidatures dans l'espace politique situé entre extrême droite et gauche radicale fait craindre un émiettement des voix qui pourrait entraîner l'élimination des forces modérées dès le premier tour. Cela ouvrirait la voie à un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, à l'issue duquel les sondages prédisent une large victoire de Marine Le Pen.
Les auteurs récusent en outre toute alliance avec Les Républicains (droite) au regard des orientations actuelles du parti, qui doit selon eux «clarifier» sa position vis-à-vis de l'extrême droite.
Le bloc centriste est particulièrement fragmenté avec les candidatures concurrentes de deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron, Édouard Philippe et Gabriel Attal, qui affichent leurs désaccords publiquement.
Trois étapes
Pour bâtir cette coalition, Clément Beaune et Philippe Grangeon dessinent «trois étapes»: «s'unir autour d'un socle de valeurs fondamentales» avec «l'Europe comme horizon», «la démocratie comme méthode d'action» et «la jeunesse comme ambition prioritaire» ; puis «en déduire un programme de coalition» ; et enfin «choisir le casting appelé à l'incarner».
Pour les deux auteurs, les sondages pourront alors faire émerger un candidat, à moins qu'une primaire ne soit organisée. «Aucune alternative ne s'esquisse à ce jour. Si l'on croit sincèrement que l'heure est grave, alors il nous faut agir avec gravité», font-ils valoir.