Vladimir Poutine renforce massivement ses troupes aux frontières des pays de l’OTAN. De nouvelles images satellites, fournies par les services de renseignement, révèlent d’immenses chantiers sur des dizaines de bases militaires russes.
Ces deux dernières années, de nouvelles casernes, des entrepôts et des dépôts de véhicules ont surgi le long de la frontière occidentale de la Russie. C’est ce que montrent des images confidentielles analysées par la chaîne de télévision danoise DR, en collaboration avec les services de renseignement.
Dans la seule région arctique de Mourmansk, à la frontière avec la Finlande et la Norvège, le chef du Kremlin prépare de la place pour accueillir jusqu’à 17’000 soldats supplémentaires. Une immense base située dans le petit village de Pechenga se trouve à seulement huit kilomètres de la Norvège. Plus au sud, près de la frontière avec l’Estonie, des véhicules militaires russes s’accumulent.
«Maître de l'imprévu»
Les experts militaires tirent la sonnette d’alarme. «Poutine est un maître de l’imprévu», avertit l’ancien colonel de l’armée britannique Richard Kemp dans le journal «The Sun». Selon lui, le problème est clair. Ni la Grande-Bretagne ni les alliés européens de l’OTAN ne seraient suffisamment préparés à une attaque.
De son côté, l’expert militaire Anders Puck Nielsen, de l’Académie danoise de défense, décrit la région de la mer Baltique comme une «poudrière». Pour l’instant, la guerre en Ukraine absorbe une grande partie des ressources de Vladimir Poutine. Mais la situation pourrait évoluer rapidement. Son pronostic est sombre. «Un conflit direct dans les pays baltes nous mettrait sous une pression énorme. Nous ne sommes absolument pas en mesure de nous défendre contre 50’000 ou 100’000 soldats russes.»
Une stratégie d'intimidation
La Russie multiplie les menaces contre l’Europe, en particulier contre la Finlande. L’an dernier, Dimitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, s’en est pris au jeune membre de l’OTAN. La Finlande ne doit pas «oublier» qu’une confrontation avec la Russie «pourrait entraîner l’effondrement définitif de l’Etat finlandais».
Pour Klemens Fischer, professeur de relations internationales et de géopolitique à l’Université de Cologne, en Allemagne, ces menaces répondent à une logique calculée. «Les autres voisins directs de l’OTAN, l’Estonie et la Lettonie, ne représentent pas un défi pour la Russie, tandis que la Finlande constituait, jusqu’à son adhésion à l’OTAN, une zone tampon neutre», expliquait-il l’an dernier à Blick.
Avec ce renforcement militaire, Vladimir Poutine cherche surtout à intimider l’Europe, et plus particulièrement la Finlande. Klemens Fischer ne croit toutefois pas à une attaque russe contre le pays nordique. Selon lui, la Finlande est trop bien préparée militairement. Et Vladimir Poutine connaît la puissance de l’OTAN.