Le monde s'est arrêté de tourner lorsque le navire de luxe «insubmersible», le Titanic, a coulé en 1912 au large de Terre-Neuve alors qu'il se rendait à New York. 1514 personnes sont mortes lors du plus grand naufrage du siècle, alors que ses compartiments détachables auraient dû rendre le naufrage impossible. Mais une collision avec un iceberg a démontré le contraire.
Pendant longtemps, l'épave est restée un mystère dans les profondeurs infinies de l'Atlantique. En 1985, plus de 70 ans plus tard, cette épave a finalement été découverte à environ 3800 mètres de profondeur. Depuis, le naufrage et les dernières heures passées sur le navire font l'objet d'études assidues à partir des vestiges.
700'000 images pour un scan
Près de 40 ans plus tard, les investigations se sont énormément simplifiées. En 2023, la BBC a publié en exclusivité un scan 3D complet et à haute résolution de l'épave. Celui-ci a été composé à partir de plus de 700'000 images et permet une analyse détaillée du navire sans avoir à plonger à des milliers de mètres sous l'eau.
Celui qu'on appelle le «jumeau numérique» permet aux chercheurs de tirer de nouvelles conclusions sur la catastrophe. «Le Titanic est le dernier témoin oculaire de la catastrophe et il a encore des histoires à raconter», explique Park Stephenson, expert du Titanic, à la BBC.
Des témoins oculaires ont confirmé les faits
Dans le cadre du documentaire «Titanic: The Digital Resurrection» de National Geographic et Atlantic Productions, les scans ont été analysés. Ils confirment différents rapports de témoins oculaires, peut-on lire dans le rapport de la BBC.
Selon les survivants, tout a été fait pour que la lumière reste allumée le plus longtemps possible à bord. Les photos prises dans le cadre de l'analyse permettent d'avoir un aperçu sur la salle des chaudières et montrent que certaines chaudières étaient encore en service lorsque le navire a coulé. Cela laisse supposer que les ingénieurs à bord du navire ont tout fait pour éviter au moins l'obscurité totale. En outre, une vanne ouverte a été trouvée sur le pont de la partie arrière du navire. Comme elle est ouverte, tout porte à croire que de la vapeur a circulé jusqu'à la fin dans le système de production d'électricité.
Autre constatation à l'époque: la glace a pénétré dans certaines cabines à la suite de la collision avec l'iceberg. De petits détails, qui ne sont vraiment visibles que grâce au scan, comme un hublot brisé, renforcent ces observations.
Petites ouvertures, effet fatal
Comme l'écrit encore la BBC, des chercheurs de l'équipe de Jeom-Kee Paik, de l'University College London, ont publié une simulation informatique du naufrage. Elle montre que des trous relativement petits, de la taille d'une feuille de papier A4, ont provoqué le naufrage du bateau. Comme ils se sont répartis sur une grande surface, six compartiments entiers ont été fissurés. Or, le Titanic ne pouvait rester insubmersible qu'avec quatre de ses 16 compartiments remplis.
La simulation ne peut toutefois pas être comparée au scan, car la partie inférieure reste cachée par le fond. Il faudra encore attendre pour en découvrir les derniers mystères.