D'anciennes prisonnières de guerre ukrainiennes, ont raconté au journal britannique «Telegraph» la cruauté de plusieurs gardiens russes, et les détails sont dignes d'un film d'horreur. Durant des mois, voire des années, ces femmes ont été torturées et humiliées de manière atroce: sacs sur la tête, marche nue dans la neige, privation de sommeil et de nourriture, la liste est longue.
La médecin militaire Valentina Zubko a été retenue prisonnière durant cinq mois après le siège de Marioupol. Elle décrit une cellule surpeuplée: «A l'origine, la pièce était conçue pour deux personnes, mais les gardiens n'en avaient que faire.» Selon Valentina Zubko, pas moins de 15 personnes ont été enfermées dans cette petite cellule. Un trou, creusé au milieu du sol, servait de toilettes.
La méthode «Tiny Train»
Comme beaucoup d'autres femmes, elle a été victime d'une méthode de torture appelée «Tiny Train»: Les prisonnières passent en file indienne, courbées, devant un groupe de soldats qui les frappent. Une procédure humiliante et extrêmement douloureuse. «Les coups étaient très violents et les gardiens semblaient y prendre du plaisir. Il n'y avait aucune raison à cela, ils nous frappaient juste pour s'amuser.»
De surcroit, ces femmes ont été affamées. Leur seule nourriture: du porridge mélangé à de l'eau. La privation de sommeil par la force faisait également partie du quotidien. Celles qui finissaient par être submergées par des crises d'angoisses ou de larmes étaient battues, comme l'ont confirmé plusieurs personnes au «Telegraph».
Le couteau sous la gorge
«Pendant les interrogatoires, si je répondais d'une manière qui ne leur plaisait pas, ils utilisaient des décharges électriques», se souvient la militaire Snizhana Ostapenko. Elle aussi a été contrainte de rester éveillée pendant une durée absurde. L'hymne national russe résonnait si fort dans le bâtiment que les prisonnières ne pouvaient pas fermer l'œil. A plusieurs reprises, lors des interrogatoires, on lui a mis un couteau sous la gorge et on lui a montré où on allait l'enterrer.
Les sbires de Poutine n'ont pas non plus hésité à recourir à la violence sexuelle. A partir de 2019, la citoyenne ukrainienne Ludmila Huseynowa a vécu trois longues années de torture. Elle raconte comment elle a été abusée sexuellement par plusieurs soldats en même temps. Selon elle, plusieurs de ses codétenues ont également été violées. La description de ces événements fait froid dans le dos: «Ils m'ont tournée vers le mur et m'ont déshabillée. Quelqu'un m'a touchée, puis il y a eu beaucoup de mains. Ils commentaient, ils riaient. C'était l'enfer.»