Sur la place des Héros, le Champions Festival a pris possession de l'un des lieux les plus emblématiques de Budapest. Entre animations, stands et trophée de la Champions League exposé au public, des milliers de visiteurs défilent déjà à la veille de la finale entre le PSG et Arsenal. À quelques kilomètres de là, la Puskás Aréna attend encore son heure. Vendredi, les abords du stade étaient relativement calmes. Pourtant, bien avant d'accueillir sa première finale de C1, la capitale hongroise avait déjà joué un rôle méconnu dans la naissance même de la compétition.
Il y a 70 ans, le football européen n'avait rien à voir avec celui d'aujourd'hui. Les championnats nationaux vivaient chacun de leur côté et les confrontations internationales entre clubs restaient exceptionnelles. Mais aucune compétition ne permettait de désigner le meilleur club du continent.
Le football hongrois fascine
À cette époque, le football hongrois est au sommet. Emmenée par Ferenc Puskás, la Hongrie fascine une Europe alors divisée par le rideau de fer. À Budapest, le Honvéd rassemble plusieurs des stars de cette génération dorée et attire les regards bien au-delà des frontières hongroises. Les tournées internationales du club provoquent un enthousiasme considérable.
C'est dans ce contexte qu'intervient l'un des épisodes fondateurs de la Coupe d'Europe. En décembre 1954, Wolverhampton affronte le Budapest Honvéd lors d'un match amical disputé en Angleterre. Les Anglais s'imposent 3-2 et une partie de la presse britannique n'hésite pas à présenter Wolverhampton comme le «champion du monde des clubs».
Pensée à Paris, née grâce à Budapest
Pour y répondre, il faut une compétition. Avec Jacques Ferran et plusieurs collaborateurs, il élabore alors un projet de tournoi continental réunissant les champions nationaux. En 1955, la Coupe des clubs champions européens voit officiellement le jour. Le premier vainqueur sera le Real Madrid, futur maître absolu des premières éditions avec cinq sacres consécutifs. Mais l'histoire de la compétition ne peut être racontée sans évoquer l'influence du football hongrois. Si la Coupe d'Europe a été pensée à Paris, elle est aussi née de la fascination exercée par les équipes de Budapest.
Un héritage toujours vivant
70 ans plus tard, la Hongrie ne figure plus parmi les grandes puissances du football mondial et n'a plus participé à une Coupe du monde depuis 1986. Pourtant, l'héritage de Ferenc Puskás reste omniprésent dans la capitale hongroise.
Son visage apparaît sur d'innombrables t-shirts et objets vendus dans les boutiques de souvenirs. Dix-neuf ans après sa disparition, Ferenc Puskás demeure omniprésent dans la capitale hongroise. Ce vendredi, dans une rue de la capitale, un supporter arborait même un maillot récent de la sélection magyare floqué «Puskás 10». «Le plus grand Hongrois de l'histoire», nous souffle un passant.
Le choix de la Puskás Aréna (68'000 places) pour accueillir la finale n'en est que plus symbolique. Le stade porte le nom du joueur qui incarne le mieux l'âge d'or du football hongrois et dont la carrière accompagne indirectement la naissance de la compétition.